Le Grenier de Boitsfort

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Le Grenier de Boistfort vous présente quelques flashs d’information sans prétention qui vous emmèneront dans un voyage virtuel aux pays des matriochkas et de l’Oncle Sam. "Les billets du Web" sont cependant limités au cadre restreint de la pièce "La Quatrième sœur". Ce petit dossier non exhaustif présente les sujets dans un ordre alléatoire. Pour chaque billet, il vous est loisible de cliquer sur des sites en relation avec le propos : bon voyage !

Et pour respecter la tradition ... nous commencerons par une vodka ! Cul sec !
"Les billets du Web" ne sont pas responsables du contenu des sites répertoriés.


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10e billet

Le quiz des billets du Web

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Le vocable polonais zubra veut dire :
auroch - ragondin - zèbre

(réponse dans le 1e billet : 1)

Constantin Stanislavski est :
un compositeur - un metteur en scène - un peintre

(2e billet : 2)

Eliseevski est le patronyme du fondateur :
d’une chaîne d’hôtel - de grands magasins - d’un journal moscovite

(3e billet : 2)

Janusz Głowacki a écrit :
La Chasse aux cafards - La Chasse aux canards - La Chasse au caviar

(4e billet : 1)

Les initiales MGM signifient :
Maximum Gloriam Memoria / Metro-Goldwyn-Mayer / Mieux Gérer Maman

(5e billet : 2)

Le mot yiddish tire son origine :
de l’allemand jüddisch - de l’hébreu yehudi - de l’argot youdi

(6e billet : 1)

Ijevstk est la capitale :
de Kalmoukie - d’Oudmourtie - de Touchvachie

(7e billet : 2)

Hollywood devenue, selon l’expression de Céline, la « Mecque du cinéma », les premiers « nababs » en étaient :
juifs ashkénazes - juifs sérafades - juifs sionistes

(8e billet : 1)

Les prénoms de Poutine sont :
Vladimir Illarionavitch - Vladimir Sergueïevitch - Vladimir Vladimirovitch

(9e billet : 3)

Et puisque vous avez eu « tout bon » : une info complémentaire pour vous récompenser !

Le saviez-vous ?
Mafia russe  : la Mafia contrôlerait plus de 40 000 entreprises, soit 40% à 70% de l’économie. 50% des revenus serviraient à la corruption. Les dépôts de la Mafia sur des comptes suisses s’élèveraient à 53 milliards de $. L’économie parallèle génère un chiffre d’affaires de 145 milliards de $, par l’intermédiaire de 634 organisations de racket et de 3 000 gangs, représentant environ 25 000 personnes.

Mafia russe


Les billets du Web
conception et rédaction : marie-paule sadzot - collaboration : anne glibert et tania margolina - secrétariat de rédaction : guy devos

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Neuvième billet

La Douma

Aujourd’hui, le pouvoir législatif en Russie est représenté par l’Assemblée fédérale (le Parlement) qui, elle-même, est subdivisée en deux chambres : le Conseil de la Fédération (Chambre haute ou Sénat) et la Douma d’État (Chambre basse ou Chambre).

En remontant le temps...
L’histoire de la Douma commence déjà lorsque les princes régnaient sur les villes et les régions russes, avant l’unification de la Russie autour d’un seul monarque. A cette époque, chaque prince avait sa Douma, Conseil supérieur en quelque sorte, composé d’aristocrates féodaux qui n’étaient autres que les chefs militaires de ses troupes et les sages des villes, placés sous sa propre autorité.
Au 15e siècle, Ivan III, Grand Prince de Moscou et de toute la Russie, ne fait rien sans le conseil des « boyards » (les nobles) de la Douma, ce qui n’est pas le cas de son fils, Basile III, décidant de tout - tout seul en s’enfermant dans sa chambre. Au siècle suivant, Ivan IV le Terrible, premier tsar de toute la Russie, essaie également de régner sans tenir compte de la Douma.
En période de lutte pour le pouvoir et si le nouveau tsar était un mineur, la Douma devenait de fait le centre du pouvoir de toute la Russie. La Douma impériale était désignée par le tsar lui-même et la cérémonie d’investiture se déroulait avec faste, coïncidant avec une fête très importante (Nouvel an - le 1er septembre, Pâques ou anniversaire du tsar). La désignation devait répondre à la règle ancestrale du "droit de présence" suivant le statut de l’individu et son arbre généalogique. En temps normal, elle se réunissait tous les jours au Kremlin durant cinq ou six heures dès le lever du soleil en été, avant l’aube en hiver, en présence ou en absence du tsar. Chacune de ses décisions était scellée par la formule « Le Tsar a ordonné, les boyards ont décidé » et s’accompagnait souvent de querelles à n’en plus finir sur le "droit de présence" et le rang de chacun, avec cris et injures, sans pour autant mener à une formation d’oppositions organisées. De temps en temps, la haute hiérarchie ecclésiastique se joignait à la séance qui portait alors le nom de "Sobor" (Concile). Avec le temps et les vaines querelles, le rôle de la Douma s’estompe pour cesser d’exister sous Pierre le Grand (tsar de 1682 à 1725).

Le dernier tsar
Nickolaï Alexandrovitch de la dynastie des Romanov (Nicolas II, 1868 -1918, tsar de 1894 à 1917), d’une formation et d’une intelligence médiocre, est un empereur de peu de volonté que domineront succcessivement le souvenir de son père Alexandre III, l’autorité de certains de ses ministres et la personnalité dévote et superstitieuse de son épouse Alesksandra Fedorovna (princesse allemande). Dans sa politique intérieure, il considère la défense de ses droits d’autocrate comme un devoir moral et religieux.

Les prémices de la révolution prolétarienne
La première grève ouvrière de l’histoire russe a lieu dans le centre textile d’Oriekhovo-Zouïevo, près de Moscou en 1885. Sous l’influence du "Manisfeste communiste" de Marx et Engels (de 1848, paru en russe peu après 1860), le début du 20e siècle tsariste voit deux partis illégaux monter en puissance : le parti social-démocrate (né en 1898, avec à sa tête Lénine) et le parti des socialistes-révolutionnaires, deux partis grâce auxquels s’accompliront les révolutions de 1905 et de 1917.
En 1904, deux faits caractérisent la crise économique et sociale : la sous-production agricole - due à deux années de mauvaises récoltes, génératrice de troubles et d’émeutes et la crise de surproduction industrielle entraînant licenciements, chômage et recrudescence de l’agitation.
L’année 1904 est marquée politiquement par une "campagne des Banquets" organisée avec le concours de tous les libéraux (dont les étudiants) qui désirent mettre un terme au régime autocratique et prévenir la révolution marxiste en marche. Ces réformateurs réclament la définition des libertés publiques, une constitution libérale et démocratique, la décentralisation du pouvoir et une monarchie constitutionnelle avec parlement élu au suffrage universel. Effrayé par ces exigences, le tsar promet vaguement des réformes tout en précisant qu’elles viendront du gouvernement en place et non d’une assemblée élue.
En 1905, est fondé le parti constitutionnel-démoncrate qui sera une des oppositions institutionnelles avec l’opposition légale (les marxistes légaux et les populistes légaux) ainsi que la presse légale.

La première Douma d’État
Malgré une volonté évidente de pacifisme, le tsar Nicolas II engage son pays dans la guerre russo-japonaise (1904-1905) dont la défaite russe fut l’une des causes de la première révolution prolétarienne de 1905. Les années qui suivirent voient les révoltes sévèrement réprimées. Son surnom "Nikolaï Krovavyi" (Nicolas le Sanglant) est confirmé par le massacre des 270 grévistes des mines de la Léna en Sibérie, le 12 avril 1912.
Sur le conseil de son premier ministre le comte Sergueï Ioulievitch Witte (financier hollandais russifié), Nicolas II accepte le manifeste du 17 octobre 1905 qui revendique la création d’une Douma d’Etat, un parlement sur base du suffrage universel. La première Douma d’État de l’Empire tsariste fut convoquée le 27 avril 1906 au Palais de Tauride à Saint-Petersbourg.

La constitution actuelle et la réforme institutionnelle de la Fédération de Russie
En 1993, une nouvelle constitution s’est inspirée du régime semi-présidentiel français. Mais le contexte politique russe se différencie de celui des Français par deux différences majeures. D’une part, les partis politiques russes ne sont pas structurés de manière cohérente, ce qui limite la fonction de contrôle du Parlement. D’autre part, le président est indépendant des partis, ce qui affaiblit la légitimité de ces derniers et isole simultanément le président car il ne dispose pas du soutien direct des forces politiques du Parlement. La constitution a en outre accordé au président le droit d’intervenir dans tous les domaines de la vie politique par l’intermédiaire de décrets présidentiels qui ont force de loi.
En 2000, la Fédération de Russie a connu une vaste réforme institutionnelle. La composition du "Conseil de la Fédération de Russie", jusqu’alors composé des chefs des organes législatif (représentatif) et exécutif (gouverneur) des 89 républiques ou régions, a été modifiée. Les 89 gouverneurs composent le "Conseil d’État", organe consultatif créé le 1er septembre 2000 par un décret du Président de la Fédération, M. Valdimir Poutine. L’application de cette réforme est progressive, au fur et à mesure des scrutins régionaux : mise en œuvre avec les élections régionales d’octobre 2000, elle s’étendra sur plusieurs années.

Dimanche rouge

Petite histoire de la Douma d’État

La Douma ou la Chambre

Le Conseil de la fédération ou le Sénat

L’Assemblée fédérale ou le Parlement

Vladimir Poutine

Sources : Polilitcheskaja historia rossii : http://stepanov01.narod.ru/history/lecto06_5.htm - Histoire de la Russie avant 1917. A. Préchac. Ed. Bordas études (57) 1974 - www.irenees.net - www.russomania.com - sites Web en lien.


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Huitième billet

De fil en aiguille…

Naissance d’une légende
Depuis le milieu des années 1910, le nom de Hollywood évoque « l’usine à rêves », qui assure à la planète entière les divertissements les plus spectaculaires, les plus populaires et les plus rentables. (*)
En 1877, Harvey Henderson Wilcox, agent immobilier, découpe sa vaste propriété de la vallée de Cahuenga en Californie et en revend les parcelles avec profit. Le nom de Hollywood (Bois de houx) est donné par sa femme à son ranch en 1886. Le lotissement de quelque sept cents âmes acquiert le statut de ville en 1903. Sept ans plus tard, la ville, bordée au sud par le fameux Sunset Boulevard (de trente kilomètres de long), est annexée par l’agglomération de Los Angeles (L.A.) ; en 1913, elle compte plus de sept mille habitants. C’est alors qu’arrivent les pionniers du cinéma américain. Investie dès l’époque du muet, la "Mecque du cinéma" est gérée en oligopole (1) par ses "nababs", pour la plupart immigrants Juifs d’Europe centrale.

(1)
Forme de marché où un très petit nombre de grandes entreprises ont le monopole de l’offre.

Pogroms (2)
Ces Juifs, de modestes réfugiés, fuyaient les nombreux pogroms, perpétrés entre 1881 et 1921 dans l’Empire tsariste. Alexandre II, tsar réformateur dès son avènement en 1855, abolit le servage et autorisa les Juifs diplômés ou commerçants fortunés à s’établir au cœur de la Russie (depuis le 16e siècle, la "Sainte Russie" était interdite aux Juifs, considérés comme l’ennemi du Christ). La réaction qui suivit l’assassinat du tsar le 13 mars 1881 fut terrible : les Juifs en furent tenus pour responsables. L’attentat était l’œuvre des nihilistes, mais ceux-ci avaient bénéficié de nombreuses complicités juives. Il n’en fallut pas davantage à l’administration tsariste pour détourner sur les Juifs la colère du peuple. Alors commença la série des pogroms, cette flambée de haine, dont le premier à Kiev (actuellement capitale d’Ukraine), le 6 avril 1881. Les Juifs furent chassés en masse de Saint-Pétersbourg, Kiev, Moscou… Les pogroms survenaient lors de crises politiques ou économiques et s’effectuaient avec la neutralité ou l’appui discret des autorités civiles et militaires. Leurs scénarios étaient toujours identiques : un prétexte (une provocation ou une rumeur) ; le déchaînement de la foule qui incendie, pille, saccage, brutalise, viole parfois, tue ; la passivité des forces de l’ordre. Plus d’un millier de pogroms (leur nombre et leur bilan sont malaisés à établir) amenèrent beaucoup de Juifs de Russie et de Pologne à fuir aux États-Unis ou au Canada. Tous passaient par l’Europe centrale et occidentale, quelques-uns s’y fixaient. Cet afflux de nouveaux immigrants renforça l’antisémitisme dans ces pays, dont l’affaire Dreyfus en France en fut un malheureux exemple (3).

(2) Terme russe désignant un assaut, avec pillage et meurtres, d’une partie de la population contre une autre, et entré dans le langage international pour caractériser un massacre de Juifs en Russie. Le terme est utilisé en anglais dès 1882 et se diffuse dans toutes les langues.

(3) Des documents militaires ayant été dérobés, le capitaine Alfred Dreyfus, d’origine juive, en fut injustement accusé, et déporté. Le 5 janvier 1895, jour de sa dégradation militaire, une foule hurlante s’était rassemblée aux cris de "À mort les Juifs !" Emile Zola publia, en faveur de l’inculpé, sa lettre ouverte "J’accuse". L’affaire Dreyfus provoqua en France une crise politique grave. Le capitaine fut finalement réhabilité en 1906.

Migration
La migration est une composante du comportement humain - l’homme s’est sédentarisé depuis peu par rapport à son émergence, elle modifie la composition des peuples et le peuplement de la terre : le thème du « Juif errant » prend ses sources avec Abraham. Les pogroms ont vu migrer les Juifs ashkénazes (4) vers l’Occident et l’Amérique, celle-ci représentant - actuellement encore - le symbole de la réussite sociale et financière : le mythe de l’oncle d’Amérique est très fort chez les Juifs, comme chez les autres. Suite à l’effondrement du bloc communiste, à partir de 1990, plus d’un million de Juifs soviétiques ont quitté l’ex-URSS pour l’Europe occidentale, dont quatre-vingt pour cent pour Israël. Cette vague migratoire a perturbé la démographie d’Israël et a conduit ses dirigeants à repenser leur stratégie territoriale. A l’heure actuelle, en ex-URSS, on ne dénombre pas plus de cinq cent mille Juifs dont trois cent mille en Russie contre environ six millions dans l’Empire tsariste du 19e siècle - certes, les guerres civiles et la Shoah ont décimé une grande partie de la population juive ashkénaze. L’Amérique du Nord (USA + Canada) par contre, en compte environ six millons pour un million huit cent mille au début du 20e siècle. Israël (indépendance en 1948) devrait avoir actuellement six millions neuf cent millle habitants sur une population mondiale d’environ quatorze millions cinq cent mille Juifs (estimations approximatives de 2003 et 2005).

(4) « Ashkenaz » signifie « Allemagne » en yiddish. Les Juifs ashkénazes, originaires de la vallée du Rhin, proviennent de l’Europe de l’Est, contrairement aux Juifs séfarades natifs des pays méditerrannéens (« Sefarad » : Espagne en Hébreu).

Hollywood aujourd’hui
L’oligopole est aux mains de multinationales. « L’explosion des nouveaux médias a été suivie de leur prise de contrôle par les géants de l’industrie des loisirs qui espèrent en tirer de nouvelles synergies. Six compagnies contrôlent aujourd’hui, outre la totalité des grands studios hollywoodiens, l’essentiel de la production et de la diffusion éditoriale et audiovisuelle aux États-Unis : Time Inc. (Warner), Disney, Sony (Columbia Tristar), Seagram (Universal), Viacom (Paramount) et News Corp. (20th Century-Fox). (…) L’avenir du cinéma américain, sinon du cinéma tout court, continue plus que jamais à se jouer à Hollywood. » (*)

"Deux siècles ensemble" d’Alexandre Soljenitsyne

L’immigration juive en Amérique

Sources : Quid 2006 - CD Universalis 2002 - (*) « Hollywood », article de Francis Bordat / Universalis - « L’antisémitisme », article de Annette Wieviorka, directrice au CNRS / L’Histoire N° 269 octobre 2002 - www.mshs.univ.poitiers.fr - www.col.fr/arche/


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Septième billet

Kalachnikov

Le patronyme russe le plus souvent prononcé dans le monde n’est pas Lénine, Staline ou Poutine, mais bien Kalachnikov.
Le premier fusil d’assaut produit massivement, l’AK-47 (Avtomat Kalachnikova modèle 1947), plus connu sous le nom de Kalachnikov, a été créé par le soviétique Mikhaïl Kalachnikov. Entre 70 à 110 millions d’exemplaires furent construits et la production des plus récents modèles continue.

Caractéristiques et description
La cadence de son tir automatique est de 600 coups par minute.
Certains AK-47 sont plus précis que d’autres. Les plus anciens modèles, les modèles bulgares, les modèles yougoslaves et les plus récents modèles soviétiques ont une précision de 2 minutes d’arc, ce qui est un standard minimum pour toute arme moderne. Les autres modèles ont une précision d’environ 6 minutes d’arc seulement.
L’AK-47 est peu coûteux à fabriquer, plutôt léger et très simple à entretenir, même sur le champ de bataille. Sa réputation de robustesse et de fiabilité n’est plus à faire. Il peut encore tirer après avoir été plongé dans l’eau ou le sable. Une version à crosse pliante, destinée au parachutistes et aux équipages de blindés, est aussi mise en service sous le nom d’AKS.

L’inventeur
Né en 1919 à Kurya en Union soviétique, un village de l’actuelle république de l’Altaï (Fédération de Russie en Asie centrale), Mikhaïl Timofeïevitch Kalachnikov grandit dans une famille paysanne. Enfant, il est déporté avec sa famille dans un goulag. Parvenant à s’enfuir, il parcourt mille kilomètres à pied. En 1938, il entre dans l’Armée rouge et fait ses études à Kiev (actuellement capitale de l’Ukraine), dans une école de mécanique spécialisée dans la construction de chars. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, il est blessé lors de la bataille de Briansk (1941). Pendant son hospitalisation, il projette de créer un fusil d’assaut petit, fiable et rapide, « pour défendre sa patrie ». Il se consacre ensuite exclusivement à ce projet. Il est âgé de 28 ans lorsque son fusil-mitrailleur est achevé. La production de l’AK-47 démarre en 1948.
Nommé général, Mikhaïl Kalachnikov occupe le poste d’ingénieur en chef de l’usine d’armements de Ijevsk (centre industriel et capitale de la république d’Oudmourtie - Fédération de Russie à l’ouest de l’Oural) et devient un héros du régime, dont il fréquente les dirigeants et la nomenklatura. Les inventions réalisées dans le domaine militaire n’étant pas brevetées en URSS, Mikhaïl Kalachnikov ne touche pratiquement rien pour avoir conçu une arme produite à environ 80 millions d’exemplaires dans le monde. En 2003, alors retraité, il publie son autobiographie "Ma vie en rafales".

Milkhaï Kalachnikov

Manipulation de la Kalachnikov : c’est à vous !
- Cocktail Kalachnikov
« .. une fois le citron éteint (il faut le laisser s’éteindre tout seul par manque d’alcool), buvez la vodka cul-sec et mangez la tranche de citron ... simple non ? Vous aurez l’impression d’être passé sous une fusillade... »

-  Littérature
La Petite Fille à la Kalachnikov - Ma vie d’enfant-soldat de China Keitetsi
« Délaissée par sa famille, ballottée d’une unité militaire à une autre, « non répertoriée, n’existant pas », China Keitetsi fut, durant les années 1980, l’une des anonymes enfants soldats de l’Armée de résistance nationale ougandaise. »

Le Monde diplomatique

- Jeu
« (…) pour Mafia cette suite de Kalachnikov (5 modèles différents) avec même le vrai son de l’arme pour rendre le tout encore plus réaliste ! Vraiment très sympa à utiliser dans le jeu même si c’est pour se faire tuer ... »

Le Bar Mafieuso

- Musique
Kalachnikov Love d’Alpha Blondy - Album Jérusalem (1986)

Alpha Blondy

- Musique de film
Kalachnikov - Musique de Goran Bregovic du fim Underground d’Emir Kusturica - « Palme d’or » au festival de Cannes 1995.
« Né à Sarajevo d’une mère serbe et d’un père croate, (…) Goran Bregovic ajoute une épouse bosniaque pour que ce soit plus gai ! (…) Issus du même milieu, de la même génération, rescapés des mêmes épreuves, Goran Bregovic et Emir Kusturica formaient un tandem où la complicité était telle qu’elle n’avait plus besoin de mots pour s’exprimer. »

Underground

- Film
Lord of War - Un film de Andrew Niccol - sortie en France : janvier 2006.
« La kalachnikov est le produit russe le plus exporté devant la vodka, le caviar et les écrivains suicidaires »
« Nicolas Cage incarne brillamment ce new-yorkais, fils d’immigrés ukrainiens, qui s’impose en quelques années comme un marchand d’armes international riche et influent. »

Chroniscope.com

Sources : Sites Web répertoriés


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Sixième billet

Deux merveilleux conteurs

Isaac Bashevis Singer
Certaines de ces histoires m’ont été racontées par ma mère. Ce sont des contes du folklore qu’elle tenait de sa mère et de sa grand-mère (...) D’autres sortent tout droit de mon imagination.
Né en 1904 d’un père rabbin hassidique et d’une mère fille de rabbin, Icek-Hersz Zynger grandit à Varsovie où son père était un leader spirituel mais également un juge. Dès 1925, il écrit ses premières nouvelles. Il publie sa première œuvre Satan in Goray en 1932. Afin de fuir l’antisémitisme grandissant, il quitte la Pologne pour les Etats-Unis en 1935 avec son frère Israel Joshua Singer, également écrivain renommé. Son oeuvre, écrite en yiddish, fait revivre la Pologne de la fin du 19e siècle sur le rythme des conteurs traditionnels dans un style dépouillé et visionnaire. Elle est peuplée de personnages et de sujets tour à tour pittoresques, sensuels et pathétiques en abordant les thèmes chers au peuple juif et à son histoire. Singer collabore avec ses traducteurs anglais. Ses romans les plus connus sont Le Magicien de Lublin (1960) et Amour tardif (1980).
Dans son discours d’acceptation du Prix Nobel de littérature en 1978, Isaac B. Singer dit : Le Yiddish n’a pas encore dit son dernier mot. Il contient les trésors qui n’ont pas été indiqués aux yeux du monde. C’était la langue des martyrs et des saints, des rêveurs et des cabalistes - riche en humour et dans les mémoires que l’humanité ne doit jamais oublier. D’une manière figurative, le Yiddish est la langue sage et humble de nous tous, la langue de l’humanité effrayée et pleine d’espoir.
On lui doit dix-huit romans, quatorze livres pour enfants et des recueils de nouvelles. Plusieurs d’entre elles ont séduit des réalisateurs de cinéma. Il décède à Miami (Floride) à l’âge de quatre-vingt sept ans.

> Homonyme de marque
L’écrivain ne doit pas être confondu avec son homonyme Isaac Merrit Singer (1811-1875), inventeur américain qui met au point en 1851 la machine à coudre vendue sous la célèbre marque.

Isaac Bashevis Singer

Marc Chagall

Tu peins cette légende appelée âme humaine
Tu peins ce jeu sans fin des amants réunis
Tu peins ce feu divin dont je suis le domaine
Tu peins ce vivre fou comme une épiphanie

Et le songe triomphe ici de toute chose
Il est le battement de chair du cœur humain
Demain comme la paix immense d’une rose
Ô prestidigitateur apparaît dans tes mains

Ce que depuis toujours l’homme rêvant invente
Va devenir sa loi c’est toi qui nous le dis
Marc Chagall ta lumière infinie enfante
La future bonté notre seul paradis

(extrait de Madrigal pour un plafond de Louis Aragon)

À cheval entre la culture russe et son appartenance juive hassidique, Moyshe Zakarovitch Segal dit Marc Chagall, né à Vitebsk (en Russie tsariste, actuellement en Biélorussie) a traversé le 20e siècle en résistant aux courants artistiques de son époque. Il conte en couleur sa passion pour la vie, l’amour et les histoires de son enfance bercée par les contes yiddish de sa mère et sa grand-mère. Il privilégie les symboles, il invente une cosmogonie. Et s’il est qualifié de "seul maître du merveilleux ingénu", Chagall n’est certainement pas un peintre naïf. Désirant répandre l’art comme la bonne parole, Marc Chagall exploite l’art de l’impression : gravures, lithographies et autres œuvres graphiques seront aussi nombreuses que l’œuvre peint. Il remporte le premier prix de gravure de la biennale de Venise en 1948 et crée près de vingt lithographies par an. Il a notamment illustré Les âmes mortes de Nikolaï Gogol, les Fables de Jean de La Fontaine et la Bible. Grand voyageur, il s’intalle définitivement en France en 1948 et honore de nombreuses commandes d’État, dont le plafond de l’Opéra de Paris. Il travaillera jusqu’à sa mort en 1985.

Le marché de l’art l’accueille en 1926 suite à sa première grande exposition new-yorkaise. Il est l’artiste le plus productif du marché après Picasso. En 2002, six cent soixante six de ses œuvres ont été vendues. Un grand nombre de ses lithographies sont accessibles pour moins de mille dollars, mais un ensemble de quarante-deux lithographies a déjà atteint plus d’un million de dollars en 1990 et 1992. Les amateurs ne trouvent plus ses tableaux en-deça de cent mille dollars et une enchère de 1990 a porté le prix d’une toile à treize millions et demi de dollars. Il reste encore de très nombreuses aquarelles de 1910-1920, l’époque la plus prisée... avis aux amateurs !

Art russe au début du 20e siècle

Marc Chagall et l’art de l’estampe

Musée Marc Chagall à Nice

Le hassidisme (« Piété » en hébreu)
est un courant orthodoxe juif attaché aux traditions, très pieux et ésotérique, inspiré de la Kabbale (interprétation mystique et allégorique de la Torah, ensemble de livres sacrés). Il apparaît en Pologne et en Europe de l’Est au milieu du 18e siècle. Cette religion populaire invite le pratiquant à entretenir avec ferveur, par l’amour et dans la joie (par des chants et des danses), une relation spontanée et personnelle avec Dieu dans la vie quotidienne. Ce mouvement connaît un vaste développement au 19e siècle et constitue une source d’inspiration pour de nombreux artistes, écrivains et dramaturges juifs.

Le yiddish (mot anglais, transcription de l’allemand « jüddisch », juif)
est une des langues pratiquées par les Juifs au même titre que l’hébreu. Formé après l’an mil dans la vallée du Rhin, c’est un parler composite issue d’un dialecte germanique, de l’hébreu, de l’araméen et du roman. Les premiers manuscrits yiddish - aux thèmes chevaleresques - remontent au moyen âge. Des traductions de la Bible et de prières de supplications destinées aux femmes virent le jour à la Renaissance. Traditionnellement, la littérature populaire de langue yiddish s’adresse aux femmes, aux enfants et aux incultes : les narrations hagiograhiques, les livres de contes, les recueils d’histoires et de légendes sont très appréciés. Le yiddish a vu l’apogée de son expansion géographique au 18e siècle, de l’Italie du Nord jusqu’à la Baltique, de la Hollande et de l’Alsace jusqu’à l’Ukraine. La littérature yiddish moderne du 19e siècle est redevable à des pères fondateurs, devenus des auteurs classiques de leur vivant. Au début du régime soviétique, les autorités ont encouragé la culture de la langue yiddish, présentée comme une langue populaire, par opposition à l’hébreu, langue savante. De nos jours, le yiddish n’est plus pratiqué que par les survivants des générations élevées dans cette langue. Cependant, si la population yiddishophone ne transmet plus sa langue, un regain d’intérêt s’est manifesté ces dernières années notamment par la fondation de nouvelles revues et des festivals tant en Europe qu’aux États-Unis ou en Israël.

« Reste que, comme toute langue, le yiddish est bien plus qu’un simple moyen d’expression : il convient également d’y voir le support matériel d’une culture spécifique - la "yidishkayt" - terme intraduisible par lequel on désigne la spécificité, la convivialité et les valeurs d’un mode de vie en voie de disparition, celles du "Yiddishland", qui s’enracinaient dans la transmission, au travers de la langue, d’un ensemble de références religieuses, communautaires, culturelles, folkloriques, culinaires, littéraires et artistiques. L’aphorisme de Marshall McLuhan (essayiste canadien 1911-1980) selon lequel "the medium is the message" se trouve ici vérifié car la langue évanescente évoque fugitivement un univers quasi-englouti dont les couleurs, les senteurs et les sonorités continuent à imprégner le présent. (...) Ainsi, à côté de la musique yiddish proprement dite (...) on notera la vogue actuelle des orchestres "klezmer"(...) » (*)

Sources : Sites Web en lien - web.artprice.com - www.evene.fr - jeanlaurent.turbet.free.fr - (*) www.sefarad.org - Wikipédia - CD Universalis 2002.


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Cinquième billet

Oscar, César, Annie et les autres

Deux prénoms, deux syllabes, deux fois cinq lettres : Oscar et César ... et c’est la fête au ciné !
Un américain, le premier patron de la MGM (la Metro-Goldwyn-Mayer au lion rugissant) encourage l’industrie du cinéma - allons donc - en créant l’Academy of Picture Arts and Sciences en 1927. Deux ans plus tard, il s’adresse à son pote Cédric Gibbons « Va trouver le sculpteur George Stanley et ficelez-moi un trophée digne de ce nom ». Au cours d’une cérémonie sont remis les Academy Award of Merit, symbolisés par la statuette d’un homme nu plongeant une épée dans une bobine de film. Encore deux ans plus tard, une secrétaire de l’Academy s’écrie en voyant la sculpture « Oh ! Il ressemble à mon oncle Oscar ! » Là, ça se complique parce que l’insoumise Bette Davis prétend que c’est elle qui a reconnu dans cette statue son premier mari H. Oscar Nelson. Et comme deux ne vont jamais sans trois, un critique de film s’arroge la paternité du nom en s’inspirant d’une réplique célèbre à l’époque « Auriez-vous une cigarette, Oscar ? »
Attention ! Toutes ces récompenses pour les meilleurs films, meilleurs acteurs, meilleurs ceci, meilleurs cela et meilleurs des meilleurs professionnels du cinéma ne concernent que les films sortis aux U.S.A. ! Ah !
Vous pensez bien que les Français n’ont pas fait la Révolution pour rien. Alors eux, ils inventent leur César en 1976 en hommage à Raimu et Marcel Pagnol, deux savoureux compères. Et pour le fun, on s’adressera au sculpteur français César pour créer l’homonyme. Mais on ne va pas en rester là, avec ces milliards de kilomètres de pellicule, ces innombrables réalisateurs, ces myriades de techniciens et tout ce beau monde du cinoche. Les Italiens ont leur David de Donatello, les Espagnols leur Goya, les Britanniques...les Québécois...les Javanais...les Belges.

Et Annie ? Ah oui. C’est la récompense du cinéma d’animation depuis 1992. Ne vous croyez pas sortis indemnes de mon histoire. C’est sans compter sur les mauvaises langues. Les « Rapsberry Award » (Trophée Framboise) ou "Razzies" sont décernés à Hollywood aux pires films de l’année, la veille du palmarès des Oscars

Et maintenant, testez vos connaissances et celles de vos amis. Le célèbre « eBay » vous propose un Oscar : son propriétaire, un Chartrain, le met aux enchères à partir de 7,50 €.
Profiteer ervan and good luck, boys !

Sources : Sites web en lien - Quid 2006 - www.rfi - Wikipédia - eBay.


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Quatrième billet

La Quatrième Sœur de Janusz Głowacki

Titre original : Czwarta siostra
Traduction française de Kinga et Klara Wyrzykowska
Éditions L’Avant Scène Théâtre, 2004

Janusz Głowacki
Né en 1938 à Poznan, cet écrivain polonais vit et habite à New-York.
Dans les années soixante et septante, il se fait remarquer en Pologne par des nouvelles dans lesquelles il décrit de façon remarquable les phénomènes culturels et sociaux de son époque. Ses satires et pamphlets visant le goût du matérialisme et du clinquant à bon marché qui règne alors à Varsovie le rendent très populaire. Au début des années septante, il participe à plusieurs films comme acteur et co-scénariste. C’est également à cette période que remontent ses premières œuvres dramatiques de veine réaliste. Le sens de l’observation et l’humour y côtoient le grotesque, soupape de l’insécurité.
Comme beaucoup d’artistes polonais, après la promulgation de la loi sur la censure et l’état de guerre décrété par le général Jaruzelski en décembre 1981, Głowacki décide d’émigrer. Il s’établit à New-York en 1983 où il développe son œuvre dramatique. Ses écrits sont interdits en Pologne pendant de nombreuses années. À partir des années nonante, il effectue de fréquents séjours à Varsovie dans un pays redevenu libre.
Il acquiert une reconnaissance internationale avec ses pièces « La Chasse aux cafards » en 1986 et surtout « Antigone à New-York » en 1992. La dernière de ses huit pièces « La Quatrième Sœur », créée à Varsovie et à Wroclaw en 2000, reçoit le Grand Prix 2001 du Festival International de théâtre à Dubrovnik (Croatie).

Site de l’auteur

CV - Janusz Głowacki

La Quatrième Sœur
Après Les Trois Sœurs de Tchekhov, provinciales de la Russie tsariste, pleines d’espérances d’une vie meilleure à Moscou, voici La Quatrième Sœur, un orphelin des rues moscovites, mêlés avec « les siens » à l’univers cruel et absurde du capitalisme mondial.
De Moscou à Hollywood, entre humour et amours, entre situations grotesques et clichés téléphonés, émergent les figures tragico-comiques des trois femmes…

La pièce a été traduite en anglais et en français. Elle a été jouée, dans sa langue originale et surtitrée en français, par une troupe de Varsovie au Festival du Jeune Théâtre à Liège en 2001. La création française a eu lieu à Paris au Théâtre Silvia Monfort en 2004. Le Grenier de Boitsfort est heureux de vous présenter la création de cette pièce à Bruxelles en langue française.

Théâtre Silvia Monfort à Paris

Sources : Sites web en lien - www.polska2000.pl - CD Universalis 2002


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Troisième billet

Croquis de Moscou

À moins d’acquérir la double nationalité, il me faudra toujours un visa pour aller en Russie.
Puis-je redevenir citoyenne russe tout en restant Belge ?
L’employé du consulat russe, à qui je pose la question, ouvre de grands yeux :
- Qu’est-ce qui vous prend, Madame ?
- Bof...Sait-on jamais ? Rostropovitch est revenu, Soljénitsyne est revenu. Pourquoi pas moi un jour ?
- Ecoutez, vous pouvez toujours essayer, mais entre nous soit dit, ce sera pour rien. Ce qui est perdu est perdu.
Perdu ? Vraiment ?
Le jour de mon arrivée à Moscou, je me rends dans une banque d’État pour convertir mes dollars en roubles. La guichetière prend mon passeport et, tout en le regardant, se met à taper sur un ordinateur. Deux minutes plus tard, je ressors avec une somme équivalente à un salaire de professeur d’université et un reçu. Je l’ouvre. Quelle n’est pas ma surprise de voir le prénom de mon père (absent de mon passeport belge) imprimé en toutes lettres à côté du mien. La surprise devient stupéfaction à la vue de l’inscription « Passeport RF » (Fédération Russe) suivie d’un numéro que je ne connais pas. Ou que je ne connais plus...
Un clin d’œil du KGB ? Histoire de me faire savoir que je suis toujours dans ses registres et qu’il me tient en joue ?
Et comme pour le prouver, le premier kagébiste du pays m’attend devant la porte d’un salon de coiffure, de l’autre côté de la rue. Poutine ! Lui en personne. Droit comme un piquet. Maigre comme un clou. En costume gris clair, certes en cire, mais compte tenu des circonstances, plus vivant que le vrai. Il me regarde fixement. Il a l’air de marcher sur moi. Une pancarte pend sur son ventre : « 35 roubles pour une photo faite par votre appareil, 100 par le nôtre ». Une grosse blonde sur le qui-vive, postée derrière la vitrine du salon, observe le « manège » des curieux qui tournent autour. N’ont-ils pas, par hasard, des intentions frauduleuses ?
Moi, si. A cause de la blonde que je baptise « la proxénète ». Trente cinq roubles pour enlacer le Président de Toute la Russie ce n’est par cher, mais Dieu du Dieu, qu’il fasse le trottoir en toute liberté !
Après l’avoir pris en photo d’aussi loin que possible pour échapper à l’embuscade de la proxénète, je me hâte d’acheter une carte magnétique « tram-bus-trolleybus » vingt voyages. Cinquante pour cent d’économie et plus de souci à me faire. Je prends le trolleybus. Pas de chance, il n’est pas équipé d’oblitérateur et le chauffeur n’a jamais entendu parler de la carte. La receveuse non plus. Comme Poutine, elle marche sur moi : « Vous payez ou vous descendez immédiatement ! » Je descends. Un autre trolleybus arrive. Je monte. Pas d’appareil non plus. Ni de receveuse. Et le chauffeur s’en fout complètement. Je reste. Trois arrêts plus tard, le contrôle !
- Vous l’avez achetée où, votre carte ?
- Dans un kiosque d’État.
- C’est un faux ! Payez-moi l’amende ou j’appelle la milice.
L’amende est presqu’aussi chère que la carte magnétique.
Le jour de mon départ pour la Belgique, sur le trajet de l’aéroport, j’ai pu enfin voir l’Appareil. « Je l’ai depuis ce matin » me dit le chauffeur.
Que dire d’autre, sinon qu’à l’Eliseevski, le plus célèbre magasin d’alimentation du pays, une tarte à la crème coûte mille cinq cents roubles, la moitié d’une pension moyenne et qu’on joue, à Moscou, environ mille pièces différentes chaque mois, la plupart à bureau fermé. Ce qui n’est pas rien, vu l’immensité des salles.
Quant au théâtre où j’ai fait mes premiers pas en tant que régisseuse lumières, il n’existe plus. C’est devenu une église de Sainte Tatania, la martyre.
Et venir me dire après cela, que je suis perdue pour la Russie...

Tatania (Tania) Margolina
Mars 2006.

Moscou : mini-guide de la capitale russe

Le Bolchoï

L’Université d’Etat de Moscou Lomonossov

La rue Arbat

Les magasins Eliseevski

Louer un appartement à Moscou


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Deuxième billet

Evocation, « Les Trois Sœurs » d’Anton Tchekhov

Anton Pavlovitch Tchekhov
Ecrivain, maître de la nouvelle brève et auteur dramatique russe (1860-1904).
Petit-fils d’un serf libéré, fils d’un d’épicier qui fit faillite, il soutint financièrment sa famille notamment en écrivant dans la presse dès l’âge de dix-neuf ans. Après ses études de médecine à Moscou, il exerça cette profession de concert avec son activité littéraire. Il habite dans les environs de Moscou, voyage en Europe. Souffrant de tuberculose, il s’intalle, les dernières années de sa vie, avec sa famille à Yalta. C’est là qu’il écrit ses trois grandes pièces dont « Les Trois Sœurs ». Il passe le dernier hiver de sa vie à Moscou, part pour Berlin et la Forêt-Noire en raison de sa santé, avec sa femme, la jeune actrice Olga Knipper, et meurt à Badenweiller.

Homme de compassion tourmenté par la souffrance humaine, auteur notoire fréquentant les artistes et les écrivains les plus célèbres, Anton Tchekhov produisit une œuvre littéraire empreinte d’humanité, témoignage fidèle d’une société au seuil d’un des plus grands bouleversements de l’histoire.

Anton Tchekhov

Les Trois Sœurs
(Créée en 1900 au Théâtre d’Art de Moscou)
Olga, Macha et Irina, les sœurs Prozorov, seules depuis la mort de leur père, vivent recluses dans leur maison familiale. Exilées dans une ville de garnison, échouées au milieu de l’immense steppe russe, elles combattent l’ennui, la médiocrité et la petitesse de la vie provinciale grâce un unique rêve : retourner à Moscou, « leur » ville et retrouver le bonheur de l’enfance.
La présence d’une batterie et de ses officiers dans leur petite ville de province change, pour un temps, le cours de leur vie : Macha, victime d’un mariage précoce, s’amourache du commandant, Olga trouve un regain d’énergie et Irina se fiance à un lieutenant. Mais, bientôt, avec le départ des troupes et la mort en duel du fiancé d’Irina, la solitude revient, d’autant plus pesante qu’elle est dépouillée d’illusions...
Au fil du temps, de leurs amours, de leurs désamours, des "accidents" de leurs vies, elles se retrouvent "expulsées" de leurs rêves, de leur maison, de l’histoire. De petits abandons en petits renoncements, leur joie de vivre, leur rire, leurs passions s’amoindrissent. Elles vont finir par disparaître et se fondre dans la masse anonyme.

À l’aube du XXe siècle, Tchekhov dépeint trois âges, trois tempéraments féminins, et avec eux la nécessité des bouleversements à venir. Il observe le désenchantement du siècle, parcourt l’étendue des désillusions qui lui sont contemporaines.

Constantin Stanislavski et le Théâtre d’Art de Moscou

Les Trois Sœurs - Mise en scène de Piotr Fomenko (Russie)

Interprétations
Anton Tchekhov a été constamment à l’affiche de par le monde, dans des interprétations très diverses, plus ou moins « réalistes ». Des manières de voir plus ironiques et plus cruelles sont apparues dans les années quatre-vingt. Depuis, de nouvelles traductions ont influencé encore les options des metteurs en scène. Une version filmée d’ « Oncle Vania » est sortie aux USA en 1994 (Vanya on 42nd Street de A. Gregory), tandis qu’en 1998 à l’Opéra de Lyon, les cinq rôles féminins d’une création lyrique des « Trois Sœurs » étaient tenus par des hommes.

Trois Sœurs - Opéra de Peter Eötvös

Sources : CD.Universalis 2002 - Dictionnaire encyclopédique du Théâtre. Michel Corvin. Ed. Larousse - Sites web en lien.


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Premier billet

Vodka russe et avatars

La version slave
Le terme provient de woda « eau » en polonais (prononcez voda) et prend une conotation affective sous le diminutif de vodka « petite eau » en russe.
Née en Pologne (ne dit-on pas "soûl comme toute la Pologne" ?) et aux pays baltes, c’est - tout comme en Russie - une eau-de-vie de grain (généralement seigle ou orge) et naguère de pomme de terre, comme encore actuellement la Wodka Luksusowa (Vodka de luxe) polonaise.
Elle se boit sec ou cul-sec avant, pendant et après le repas, elle accompagne traditionnellement le caviar. Si la vodka fut d’abord utilisée comme médecine avant d’être boisson dans les monastères et les petits manoirs campagnards, chacun finit par posséder sa propre recette, faisant partie du patrimoine famillial.
La véritable vodka russe est incolore, inodore et insipide : vertus appréciées de certains, car c’est son coup de fouet qui est recherché. Elle titre entre 32,5° et 49°.
Plusieurs vodka polonaises, par contre, doivent leur goût, leur parfum et leur coloration à des fruits, des fleurs ou des herbes. La plus célèbre à l’étranger est la Zubrówska aux herbes de bison. Sa saveur provient de la macération dans l’alcool de l’herbe « sainte », une avoine odorante, que broutent les bovidés (zubra = aurochs). Au pays, on soutient que le goût de l’herbe est plutôt dû à la pisse de l’animal qu’à sa saveur naturelle !
Selon le Lonely Planet, aux pays baltes, « la vodka, le cognac et le champagne, provenant tous de diverses régions de l’ex-URSS sont plus faciles à obtenir dans les bars et les restaurants que les bières locales. Ces boissons sont généralement vendues au poids : (...) un verre de vodka équivaut à 50 grammes. »

Le samogone
Deux amis se rencontrent :
- Tu sais, mon voisin a de nouveau fait du samogone (*) hier !
- Comment le sais-tu ?
- Son lapin a cassé la gueule de mon chien !

(*) En Russie : vodka clandestine faite à base de sucre.


La version américaine et internationale

C’est en 1945 que la mode de la vodka débuta en Californie et se répandit partout aux USA pour gagner ensuite l’Europe. Malgré son nom à consonnance slave, une des vodka les plus célèbres chez nous (rappellez-vous les pubs glacées) est américaine ! Version internationale, la vodka se boit allongée d’eau minérale en apéritif et fait partie intégrante de multiples coktails.
La vodka est produite également en Finlande et dans les pays scandinaves et, localement, dans le monde entier.

A propos de vodka
Le matin, un homme se réveille dans une mare.
Non loin, on entend la radio : "Bonjour, c’est 9 heures à Moscou, 13 heures à Krasnoïarsk, 14 à Irkoutsk..."
Le type lève la tête : "Putain, quel bordel dans ce pays !"

Deux ivrognes discutent longuement : combien de lunes il y a dans le ciel, deux ou trois ?
Incapables de tomber d’accord, ils s’adressent à un policier.
- Combien de lunes y a-t-il dans le ciel ?
Le policier plisse les yeux et demande :
- Dans quelle rangée ?

Le saviez-vous ?
• En Russie, la consommation de vodka par an par habitant est de 30 litres ; l’alcoolisme provoque un million de morts annuellement et est à l’origine de 85% des meurtres, actes de banditisme et vols ; plus de 400 000 bouilleurs de cru fabriquant le samogone ont été condamnés.

Info : Quid.fr/monde

Sources : Encyclopédie des vins et des alcools de tous les pays. Alexis Lichine. Ed.Robert Laffont - Lonely Planet. Pays baltes et Kaliningrad (1994). John Noble. - Propos recueillis auprès d’une Polonaise - Sites web en lien.


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